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Sand painting portrait of Jean Gabin

29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 12:06
Qui est John Trudell ?

Photo de john Trudell

"Si vous redoutez la mort, vous redoutez aussi la vie.
Telle est la réalité, un voyage continuel."

Reconnu en tant que poète, défenseur des droits des Natifs d'Amérique et puissant orateur  John Trudell est né le 15 février 1946 dans le Nébraska, il grandit aux alentours de la réserve Sioux Santee. très tôt il connu la pauvreté et le racisme avec un premier deuil à l'âge de six ans par la perte de sa mère.

L'histoire de sa vie est un roman. Je l'apprécie beaucoup en tant que poète. Son intention n'était pas d'ailleurs de devenir poète, mais les circonstances exceptionnelles et parfois tragiques de sa vie forgèrent sa sensibilité poétique et politique dans une même voie.

Voici son site officiel (en Anglais).

 Peinture représentant l'artiste John Trudell


Article tiré de l'HUMANITE LE 31 juillet 1992

Catalyseur de l’occupation de l’île d’Alcatraz et ancien président de l’American Indian Movement le chanteur John Trudell utilise la langue de l’oppresseur avec puissance.

IL y a quelque chose de fascinant dans le regard de John Trudell. Non pas une dureté, comme il l’a été parfois écrit. Mais une force immense de résistance. Une force sans laquelle il n’aurait pas survécu. Né en 1946 à Omaha, dans le Nebraska, d’un père santiee (amérindien) et d’une mère originaire du Mexique, il a grandi dans une réserve, jusqu’à l’âge de six ans. La vie lui a souvent donné rendez-vous avec la mort. Quand il a six ans d’abord : sa mère décède d’un cancer. Ensuite, en 1979, douze heures après qu’il a brûlé le drapeau américain lors d’une manifestation en face du siège du FBI à Washington, les représailles ne se font pas attendre. Sa femme Tina, ses trois enfants et sa belle-mère périssent horriblement, dans un incendie qui détruit sa demeure.

En 1988, son ami, le compositeur Jesse Ed Davis, qui a collaboré avec les plus grands (Bob Dylan, les Beatles, Jackson Browne…), trépasse à son tour. Et puis il y a tous ses copains, connus ou non, qui se battent comme lui pour la dignité de leur peuple et que la mort fauche. Lorsqu’au cours de notre interview je me hasarde à lui demander si la mort l’épouvante, il répond sereinement : « Non, je la connais. Je ne comprends pas comment une personne cohérente peut la craindre. Dès la naissance, nous faisons partie de la réalité naturelle, que nous allons quitter. Comment peut-on être effrayé par un processus naturel ? Pour moi, cela n’a pas de sens. »

Il observe l’Occident d’un oeil de lynx. Calme et implacable, mais sans racisme aucun. « Dans la civilisation occidentale, les gens pensent qu’ils sont une nationalité, une citoyenneté, une religion… Ils sont davantage que ça. En fait, ils ne savent pas qui ils sont. Ils ignorent leur lien avec la terre. C’est pourquoi ils ont peur. Peur de parler, peur de communiquer, peur de mourir. Si vous redoutez la mort, vous redoutez aussi la vie. Telle est la réalité, un voyage continuel. »

John Trudell a joué un rôle décisif dans l’occupation de l’île d’Alcatraz (au large de San Francisco), de 1969 à 1971. Ce mouvement, soutenu par les Black Panthers notamment, a courageusement résisté au blocus organisé par le gouvernement américain, mais s’est soldé par une expulsion extrêmement violente. De 1973 à 1981, John a été président national de l’American Indian Movement (AIM). Pour autant, il ne se considère pas comme un activiste. « Il y a plein de mots que je n’emploie pas. Comme « combat », « activiste »… Je ne lutte pas pour quoi que ce soit. Je dis ce qui est réel pour moi. L’occupation d’Alcatraz a impliqué une certaine forme de lutte. Mais le combat est une agression hostile contre l’autre, et je n’estime pas agir ainsi. Je parle simplement de mes vérités. Je ne suis pas un activiste, mais un participant à la vie. Par moments, j’ai pris part à ce qu’on appelle du militantisme ; d’autres fois, à l’art et à la culture. »

Après le décès de Tina, il a plongé dans l’écriture comme dans un océan miraculeux de mémoire et de survivance. Elle écrivait des poèmes, une expression qu’il n’aime pas appliquer pour lui-même. Il préfère parler « des phrases qu’elle lui communique ». Pour nous, cette « langue de l’oppresseur », dont il use avec une puissance sobre, relève de la poésie. Dans son album « Aka Graffiti Man » (Rykodisc / Blue Silver), une compilation de titres conçus entre 1985 et 1991, on retrouve nombre de chansons composées par / ou avec son ami disparu, Jesse Ed Davis. Au fil d’autres plages, la musique est signée par Mark Shark, guitariste du groupe. Sur ces notes chaleureuses, enracinées en terre indienne, mais portées par des guitares électriques et une énergie rock, se posent le chant presque parlé, grave et lancinant, de John et, quelquefois, la voix de Kris Kristofferson, figure du country. Bob Dylan, fervent admirateur, a désigné ce disque comme « le meilleur de l’année 86 ».

Les mots de Trudell éclatent comme autant de bombes précises. Dans « Rich Man’s War » sont évoqués « le pauvre qui meurt pour la nourriture, la terre et la paix, la guerre du riche qui attaque l’être humain, la planète et le lendemain ». Dans « Bombs over Baghdad », Bush est qualifié de « Queen George ». « J’ai écrit ce morceau le jour où ont commencé les bombardements, nous explique John. Bien que beaucoup d’Américains aient été opposés à la guerre du Golfe, les autorités l’ont commise. Les médias ont fait la promotion de ceux qui soutenaient ce conflit et ont ignoré les pacifistes. Ils sont, pour la plupart, à la solde des dirigeants. La presse est utilisée pour censurer les idées du peuple, en manipulant les infos qu’elle lui fournit. C’est évident, partout. Le gouvernement américain s’est engagé dans une folie destructrice au Moyen-Orient, au nom d’une prétendue moralité, alors qu’il était guidé par un total matérialisme, par des intérêts économiques et stratégiques. De nombreux autres chefs d’Etat lui ont emboîté le pas ».

Dans « Rocking the Res », le terme res est le diminutif de réserve. « Je raconte que le monde dit civilisé est une réserve. Une gigantesque réserve, dans laquelle les vies humaines sont contrôlées par ceux qui détiennent le pouvoir, poursuit-il. Il n’y a de progrès pour personne. Les peuples indigènes de l’hémisphère ouest ont été conduits au bord de l’extinction et y sont maintenus. La situation est désastreuse pour tous, Indiens ou non. J’estime même que les travailleurs affrontent une condition encore pire que nous. Car ils ignorent ce qui les attend. Au moins nous savons qui nous sommes et ce à quoi nous appartenons. Dans la société industrielle, chaque individu est un esclave. Celui qui s’imagine un citoyen libre est peut-être le plus opprimé de la planète. Son usine lui tient lieu de réserve. Il obéit aux ordres de son patron ».

John Trudell donnera le coup d’envoi de la Fête de l’Huma, vendredi soir, sur la scène centrale. Ce n’est pas un cri de guerre qu’il lancera. Un cri de révolte et de liberté, oui. Et surtout un chant d’humanité.

et traduits par Fara C
.

J'ai sélectionné deux poèmes, le premier fait référence au meutre attenté contre la famille de l'auteur afin de briser son activité politique.

Ce poème est très touchant, c'est pour cela que j'avais envie de vous le montrer.

Terriblement affecté par la perte de sa famille, Trudell démissionne de son poste d'activiste politique et trouve les mots sous forme de poésie pour continuer son combat. C'est pour lui un moyen de survivre à cette tragédie.

"L'écriture, la poésie, furent une surprise pour moi. Au bout de six mois après le drame, alors qu'il me semblait devenir presque fou, les lignes vinrent. Ces lignes sont mes bombes, mes explosions, mes pleurs, ma vie"
Illustration de Letizia

 
 
BRINGING BACK THE TIME


LE TEMPS D'AVANT


Tu vois, je ne me suis jamais guéri de t'aimer
Cette nouvelle vie, semblable à l'ancienne
Je retiens le temps d'avant
Quand je pouvais encore t'aimer

Ta magie donnait des ailes à mon coeur
tes senteurs étaient de soie érotique
Les jours, les nuits étaient des toiles où peindre
tes radieuses incantations, tes enchantements,
vagabond des univers, universel amour
douceur plus forte que la haine des forgeurs de chaînes
beauté protégeant la vérité des mensonges
je n'ai jamais volé aussi haut qu'avec toi depuis

Sans retour de voler aussi haut depuis
Sans retour de toucher ton visage depuis
Sans retour de te combler de baisers depuis
Sans retour est tellement long depuis
Sans retour, sans retour, sans retour depuis

Retrouver des rêves laissés inachevés fait mal
Les raisons ne sont plus les mêmes
je tente de fermer les yeux, cherchant la mise au point
je me souviens, je revis certaines scènes
tu m'as livré ton être en cadeau
montrant ce que tu voyais, je le voyais aussi
Les rires enfantins précèdent le repos
Les inséparables tombent dedans et en dehors du nid
des vents de passions chevauchent les chemins qu'empruntent les amants
de la nuits de notre rencontre jusqu'à celle de notre séparation

Alors, à l'image de notre dernier bonheur envolé
te laisser partir m'est toujours difficile
maintenant, semblable à hier
apprentissage quotidien de la persévérance
j'essaie de comprendre, comment, peu importe
réfléchissant sur les voies de la destinée
Les peines anonymes dans ce destin accepté
sont inacceptables

Tu vois, je ne me suis jamais guéri de t'aimer
Je retiens le temps d'avant
Quand je pouvais encore t'aimer
Je n'ai jamais volé aussi haut qu'avec toi depuis

Sans retour de voler aussi haut depuis
Sans retour de toucher ton visage depuis
Sans retour de te combler de baisers depuis
Sans retour est tellement long depuis
Sans retour, sans retour, sans retour depuis


Peinture de l'artiste Letizia


Le poème suivant s'intitule : CHILDREN OF EARTH

ENFANTS DE LA TERRE

Nous sommes tous enfants de la terre
petits, mères, pères, tantes, oncles
grand-mères, grands-pères
nous sommes tous enfants de la terre

La terre est notre mère
Mère Terre à nous tous
nous devons être attentionnés envers notre mère
prendre soin d'elle et l'aimer

Mère Terre a beaucoup d'enfants
toutes les choses vivantes sont ses enfants
les plantes, les animaux, oiseaux, poissons
insectes, reptiles, et les personnes

Les êtres humains ont des responsabilités
préserver le monde naturel vivant
la Mère prend soin de nous
pourvoit à tous nos besoins
si nous ne prenons pas soin d'elle
elle ne peut prendre soin de nous

Les êtres humains ont une façon de voir
et peuvent agir en ce sens
la façon dont ils pensent
affecte toutes les choses vivantes

Les êtres humains ont le goût de la terre
ils doivent prendre soin de Mère Terre
la protéger avec amour
nous sommes tous des enfants de la terre

Illustration de l'artiste Letizia

Les peintures signées LTZ sont de l'artiste Letizia.

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Additious

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 18:40
Les premiers Americains

Les premiers Indiens, disons Paléo-Indiens pour les distinguer des Indiens de l'époque moderne,  sont des chasseurs. L'explication de leur apparition en Amérique tiendrait à la sécheresse qui avait frappé Mongolie et Sibérie, provoquant la migration des animaux et, à leur suite, des Asiates, qui n'auraient pu survivre sans eux.

Les Indiens d'Amériques seraient donc originaires d'Asie. Ces hommes venus d'Asie, n'avaient pas d'habitations fixes. Ils étaient nomades et se déplaçaient selon leurs besoins.
Avec eux, ils avaient apporté le feu, qu'ils faisaient jaillir d'un silex, quelques outils et des armes rudimentaires. Entre eux, ils parlaient un langage peu développé.

Traces humaines vieilles de 10 000 ans
 
L'un des témoignages archéologiques prouvant que la venue des Indiens en Amérique remonte à plus de dix mille ans a été découvert à Folsom, dans le Nouveau-Mexique, où en 1925 furent entreprises d'importantes fouilles. On mit au jour des pointes de lance finement travaillées et faites avec les os fossiles d'animaux de l'époque glacière : mammouths, bisons et boeufs musqués.

Ces découvertes furent ensuite confirmées par d'autres faites à Fort Collins, dans le Colorado, à Clovis et à Sandia, dans le nouveau-Mexique.
Aucun squelette humain ne fut trouvé, mais cette découverte était suffisante pour prouver que ces hommes étaient d'audacieux chasseurs qui surent s'implanter dans des régions où, jusqu'alors, les animaux étaient les maîtres.

La migration venant d'Asie se poursuivit et lorsque, les glaces étant fondues, l'Asie se trouva séparée de l'autre continent par un bras de mer de plus de quatre kilomètres, la traversé eu lieu dans des canots. Ces nouveaux venus apportèrent avec eux, de leurs divers pays d'origine, leurs habitudes et leur culture.

Les premiers indiens évoluèrent lentement, franchissant les étapes, l'une après l'autre, s'adaptant à leur vie nouvelle, au monde qui désormais leur appartenait.

Ils perfectionnèrent leurs armes, découvrirent l'agricultures et commencèrent à avoir certaines notions d'Art, lesquelles devaient s'affirmer par la suite...

L'origine du nom "Indiens" et "Peaux-Rouges"

Quand Christophe Colomb, au cour de son deuxième voyage, en 1493, aborda  sur les terres nouvelles,  il donna aux indigènes qu'il y rencontra le nom d'Indiens, car il croyait avoir atteint les Indes. 
Les Français qui, par la suite, visitèrent le nouveau continent, appelèrent les naturels "sauvages" ou "Peaux-Rouges", ceci à tort, car leur épiderme tirait  plutôt sur le brun.

En depit de ses années, ces deux termes erronés, "Indiens" et "Peaux-Rouges", ont subsisté, et l'on continue à appeler ainsi les premiers habitants du continent américain.

Les Indiens, pour se définir eux-mêmes, n'ont pas de terme particulier. Les tribus, lorsqu'elles parlent des autres, les désignent tout simplement par les termes "peuples", ou "hommes".


De tout temps, les indiens ont eu une très grande notion de l'Art

Epris de la Nature, leur cadre familier, ils sont sans cesse demeurés en admiration devant la beauté sauvage des espaces qui les entouraient et la grâce des animaux qu'ils rencontraient dans les forêts et les prairies.


Dès les premiers temps, l'homme qui vivait sur le continent américain s'est efforcé, comme en France son congénère de Lascaux, de tracer avec une pointe de silex ou un simple morceau de bois, sur la paroi humide d'une caverne, la silhouette trapue d'un boeuf sauvage.

Bison percé d'une lance

En peignant des animaux blessés, comme ce bison, l'artiste voulait peut etre par un effet magique, forcer le sort et assurer une bonne chasse.

C'est sur les parois et les plafonds de telles cavernes que l'homme moderne a trouvé, notamment dans le sud-ouest de la France, des peintures datant d'environ 13 000 ans, très instructive sur la vie des habitants de cette région.

D'après les archéologues, ces peintures de bisons, Rennes et d'autres animaux relèveraient de pratiques magiques : ces chasseurs croyaient peut-être qu'en dessinant ce gibier sur les murs de leurs habitations ils pourraient l'attirer.
De même, les populations de l'Europe méridionale ornaient à cette époque parois et voûtes de leurs grottes avec des peintures de prédateurs redoutés (ours ou lions), pensant peut être ainsi s'approprier la force et le courage de ces animaux.

Certaines des peintures rupestres du sud de la France ont été découvertes dans des salles dont l'accès est si étroit qu'un homme adulte éprouve de grande difficultés à s'y faufiler.

Mammouth

Cette peinture rupestre représentant un mammouth a été découvert dans trois grottes du sud de la France

Ce mammouth, découverts dans trois grottes du sud de la France, ont peut-être été peints pour prophétiser d'abord et assurer ensuite une bonne chasse.

Ces peintures s'étalaient souvent sur des surfaces convexe, créant l'illusion de bas-reliefs et rendant l'oeuvre encore plus réaliste.

Sorcier

Ce dessin représente un sorcier

Cette silhouette représente peut-être un sorcier paré de peaux et bois de cerf.

Troupeau de chèvres dessiné dans le roc par les Indiens chasseurs,
il y a plusieurs milliers d'années :

troupeau de chèvres tracé dans le roc


Les pétroglyphes
Un pétroglyphe est un dessin symbolique gravé sur de la pierre (surface rocheuse à l'état naturel)

Les premiers habitants du continent nord-américain, laissèrent sur les parois rocheuses des cavernes de curieux graffitis : les pétroglyphes.

Peintures sur pierre

Ces trois images représentent des peintures sur pierre
 

Ces peintures sur pierre représentant des animaux
et des manitous dans tous le territoire subarctique. 

La peinture de droite fut exécutée en 1810.
Les autres remontent à la préhistoire. La peinture de gauche figure un original. Les deux autres sont inspirées par des mythes :
La peinture cree au centre, représente peut être le manitou Tonnerre.
La peinture de droite pourrait évoquer le Grand Manitou en compagnie du manitou Serpent.
A sa gauche, cinq hommes en canot.

voir ce site très intéressant sur les premiers humains d'Amérique

et celui ci également


peinture de sable très ancienne : Museum of american Indian, Heye Foundation

Les premières peintures de sable furent l'oeuvre des Natchez et des Hidastas, mais les Navajos en ont fait un art véritable. Ces peintures, qui avaient une signification religieuse, étaient exécutées avec les cinq "couleurs sacrées" : le blanc, le jaune et le rouge (du sable parfois coloré), le noir (du charbon de bois) et le bleu, tirant parfois sur le gris (un mélange de sable blanc et de charbon de bois). Alors que les Pueblos conservaient leurs peintures plusieurs jours, les Navajos les détruisaient le jour même.

Si vous avez du mal à vous retrouvez  à propos des différentes Catégories du Peuple amérindien d'Amérique du Nord vous pouvez aller ici.


Au cours des générations, son intelligence se développant, son instinct artistique s'est peu à peu précisé et s'est ensuite affiné.
Lorsqu'il s'est mits à fabriquer des poteries, à tresser des paniers, à tisser des couvertures, il a donné des formes les plus diverses aux premiers et s'est efforcer de parer tous les couleurs agréables. Son goût s'est sans cesse affirmé.

En se reposant des durs combats contre ses semblables ou contre des animaux difficiles à vaincre, le guerrier a machinalement pris un morceau de bois et, le taillant avec son couteau rustique, lui a donné la forme d'une bête familière.

Sur le sol, avec de la terre et du sable, il a exécuté des motifs d'abord naïfs et simples, mais ceux-ci par la suite sont devenus de pures merveilles.

Au cours de leur Histoire, les Indiens se sont révélés dans de nombreux domaines comme d'extraordinaires artistes.

Sans conseils, d'eux mêmes, suivant leur propre intuition, ils ont façonné de véritables oeuvres d'art. Bon nombre d'entre elles appartiennent aujourd'hui à des collections particulières hélas, mais heureusement, la plupart constituent des pièces de choix des grands musées américains.

C'est pourquoi j'ai crée ce billet, pour leur rendre hommage, après tout ce sont les indiens qui ont crées les premiers tableaux de sable....







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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 11:06
Les Indiens des Etats-Unis avaient cinquante-huit languages
et plus de mille dialectes.


Il arrivait souvent q'un Peaux-Rouge se rendant dans une tribu voisine ne fût pas compris lorsqu'il parlait son propre dialecte. Il lui était difficile de communiquer avec ses hôtes car il employait des mots connus seulement de ses proches et de ses compagnons de tous les jours.

Il convient aussi de noter que les Indiens ignoraient l'écriture. Il n'existe aujourd'hui aucun témoignage précis de leur façon de parler d'autrefois, eh oui, L'Indien étant avant tout un homme-indépendant, il ne voulait pas s'imposer le devoir d'apprendre les dialectes de ses voisins...

Ils devaient donc pour se comprendre recourir aux signes manuels (qui d'ailleurs a une certaine ressemblance avec celui des sourds-muets), aux signes dessinés (ils dessinaient ou peignaient des signes plutôt symboliques sur des peaux de daim, de bisons ou sur des écorces, c'étaient pour eux une façon de manifester leurs pensées), puis n'oublions pas non plus les signaux qui servaient à communiquer sur de longues distances (par exemple des fumées, des flèches embrasées, des couvertures....).
J'ajouterai aussi le tatouage (certains indiens avaient pour habitude de marquer sur leur peau des signes en se servant d'aiguilles trempées dans les couleurs indélébiles, l'aiguille pouvait être par exemple des piquants de cactus).
Puis bien sûr le langage des plumes (chaque tribu avait son propre modèle de coiffures, certaines de ces coiffes précisaient la personnalité et le rang de son propriétaire, mais aussi un exploit du propriétaire de la coiffe comme par exemple une plume avec une tache rouge à l'extrémité rappelait la mort d'un ennemi tué au combat, si au même endroit, la plume était coupée, cela signifait que l'adversaire avait eu la gorge tranchée etc...).

Puis, enfin, les peintures.

Dans ce billet, je vais m'attarder sur les peintures des indiens, la découverte de la peinture, vous verrez aussi
qu'ils avaient une couleurs sacrée, puis j'expliquerai également
la signification des couleurs.


La découverte de la peinture

Les Peaux-Rouges découvrirent dans la nature qui les environnait d'innombrables produits naturels qui leur permirent de faire des peintures.

Ils trouvèrent une argile d'une extrème finesse contenant différents oxydes de fer. Ils la mélangèrent avec de la graisse ou du suif de buffalo, créant ainsi une pommade dont ils se servaient pour tracer sur leurs visages et leurs corps des signes divers.

Les Sioux employaient pour le même usage une substance jaune et dure provenant de la poche à fiel du bison. Celle-ci était considérée comme une peinture-médecine. Ils utilisaient habituellement un fruit appelé bullberru et des plantes telles que le sumac (de la famille des vinaigriers). Des fleurs, des baies, des écorces et d'autres végétaux, écrasés dans des mortiers et malaxés, servaient à faire des peintures ou colorer celles-ci.

Le plus souvent, les Indiens appliquaient les peintures sur leurs visages ou différentes parties de leur corps avec leurs doigts.
Quelquefois, ils les étendaient en se servant de brosses ou de batonnets qu'ils détruisaient après s'en être servi.

Les indiens des plaines employaient un os spongieux provenant de la rotule d'un bison qui conservait la teinture.

Les Peaux-Rouges se peignaient le corps pour être admirés ou aussi pour faire peur à leurs ennemis au cours des combats. Mais, parfois ils le faisaient aussi pour tout simplement se déguiser ou s'amuser, pour se protéger aussi contre le vent, les insectes et les brulures de soleil. Ils se peignaient également pour paraître dans certaines cérémonies et pour exécuter des danses.

Le rouge, la couleur sacrée des Peaux-Rouges

Sans aucun doute, les Indiens furent appelés des Peaux-Rouges parce que les premiers hommes blanc qui les rencontrèrent les virent avec le visage et le corps recouverts de peintures rouges.

Le rouge était la couleur sacrée. Il était employé par les guerriers pour devenir forts et invincibles. C'est pour cette raison que cette couleurs était courante lors des danses et quand la tribu partait en guerre.

Le rouge était peint sur le poney de guerre, la lance, et tous les accessoires de combat et de cérémonie.

Les couleurs n'étaient pas choisies au gré du sujet, pour satisfaire ses caprices.  Des règles étaient bien établies. Les couleurs, mais aussi les motifs, avaient une signification bien précise.

Les sens des couleurs

la signification des couleurs variait d'une tribu à une autre.

Telle teinte bénéfique ici était plus loin tenue pour maléfiques.

Les couleurs de guerres étaient les préférées des Indiens des plaines.

Hidasta
Tribu Hidasta, la peinture noir symbolise la joie, la fierté, il a déjà tué un ennemi
A déjà tué un ennemi

Le plus souvent, le blanc symbolisait le deuil et le noir la joie, tandis que le rouge évoquait le bonheur et la beauté.

Moqui
Tribu Moqui signifiant une pluie bienfaisant après l'orage et les éclairs, on remarque bien les éclairs sur son visage
Après l'orage et les éclairs, une pluie bienfaisante


Moqui
Tribu Moqui, on constate la forte croyance chez les indiens pour la peinture, ici, elle doit porté chance pour que la pluie arrose régulièrement le maïs

Pour qu'une pluie régulière arrose le maïs


Les Cheyennes traçaient des cercles et des raies de différentes couleurs quand ils partaient au combat, mais à leur retour ils s'enduisaient de noir pour exprimer leur joie d'être revenus sains et sauf.

Les Cherokees considéraient le rouge comme la couleur du succès et du triomphe, le bleu comme celle de la défaite et des ennuis. Pour eux, le noir c'était la mort et le blanc la paix et le bonheur.

Cherokee
Tribu Cherokee, le blanc symbolise la paix et le bonheur, le noir la mort, le rouge le succès, ici c'est la peinture de guerre de la tribu
Peinture de guerre de la tribu

Les femmes indiennes employaient elles aussi les teintures mais pour souligner leur beauté..


Kiowa
Tribu Kiowa, ici le rouge évoque le bonheur, mais aussi pour souligné sa beauté, pour le retour des guerriers victorieux dans le camp
Pour le retour au camp des guerriers victorieux


Les peintures n'étaient pas seulement destinées au corps et au visages. Elles étaient aussi utilisées pour décorer le tipi, les totems, les robes des femmes, les tuniques des hommes, les ornements employés au cour de diverses cérémonies.


Par exemple, sur la piste, des marques en rouge étaient appliquées sur les rochers, les tronc des arbres et autres objets pour signaler que ceux qui les avaient tracées devaient être respectés.

Avant une rencontre guerrière, les poneys étaient peints eux aussi :

Ont peut voir sur le tableau de Koerner la peinture sur les poneys

Peinture de W.H.D.Koerner (1878-1938)

On constate bien, sur cette peinture que les guerriers indiens ornaient de signes rituels la robe de leur monture.

Quand un indien, exécutant une peinture sur une peau de buffalo, voulait montrer un homme blessé, la blessure était couleur rouge sang et indiquée à l'endroit où elle avait été portée.
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 11:13
Découvrons quelles sont les phases obligatoires du traitement des malades  chez les Navajos :

Il aurait pu exister, au tout début du XIXe siècle, une femme appelée Sweet Water ("Eau Douce"), mariée à un homme connu sous le nom de Spotted Horse ("cheval Tacheté"). Ce n'aurait pas été leur vrai nom, car le véritable nom d'une personne - son nom de secret, son "nom de guerre", devait être utilisé avec circonspection.
Ce couple à quatre enfants. Leur père  est absent, car il conseille sa soeur sur un problème concernant les enfants de celle-ci.

Crystal Boy ("Garçon de Cristal"), fils aîné de Sweet Water, âgé de neuf ans, est malade depuis plusieurs jours. Son jeune corps douloureux est agité par la fièvre et les douces mains de sa mère n'ont rien pu faire pour lui.

Mais les nouvelles voyagent vite, et d'autres personnes sont venues de très loin pour aider le garçon. Spotted Horse, son père, est revenu au grand galop, accompagné d'un vieil homme possédant le don de divination.

Après s'être purifié, le vieil homme étale du pollen sur Crystal Boy et sur son propre bras droit. Il adresse des prières et des chants au Monstre de Gila (lézard perlé venimeux, mais aussi personnage symbolique des mythes navajos), puis le devin tombe lentement en transe; sa main et son bras droit se mettent à trembler violemment. Les mouvements de sa main lui permettent de discerner la nature de la maladie du jeune garçon et d'en déterminer le remède : il s'agit de la maladie des spectres, qui doit être traitée par le chant curatif dit de la Voie du Mal.
Le cérémonial dure au moins neuf jours et exige la confection de peintures de sable sur le sol d'un Hogan béni et purifié pour l'occasion.

Rituel d'un guérisseur Navajo réalisant une peinture de sable


Après le diagnostic du vieil homme, un homme-médecine est invité à se rendre dans la demeure de Sweet Water et de Spotted Horse pour traiter le garçon. 

C'est un homme qui a étudié son art pendant plus de vingt ans auprès d'hommes-médecine plus agés et qui l'a perfectionné pendant de longues années de pratique. On le tient en estime à de nombreux kilomètres à la ronde et l'on apprécie sa belle voix et sa maîtrise du moindre mot au sein du chant le plus complexe.

Homme-médecine confectionnant une peinture de sable représentant un personnage du mythe de la voie du mal destiné a guérir le patient, elle sera détruite rapidement.

C'est le huitième jour du traitement, l'après-midi touche à sa fin. Crystal Boy s'est purifié pendant quatre jours avec des émétiques et des séances de loge à sudation. Pendant les quatres jours derniers, l'homme-médecine a surveillé la confection des peintures de sable représentant les personnages du mythe de la voie du mal. Les chants durent depuis huit jours.
Des poudres colorées, à base d'argile, de fleurs écrasées, d'ocre, de légumes et de pollen, coulent entre les doigts des peintres.

C'est le silence depuis un long moment. Puis un ordre de l'homme-médecine, Crystal Boy qui était assis au sud des peintures se lève pour prendre place sur le dessin. C'est la dernière d'une série de quatre peinture sèches, les trois autres ayant été détruites au moment du coucher du soleil, le jour même de leur élaboration. Autour du hogan de cérémonie, les femmes vaquent à leurs occupations : elles ont hâte d'avoir des nouvelles, mais se dépêchent de préparer le surcroît de nourriture nécessaire au dernier jour.

Le chanteur reprend son chant et donne une infusion de plantes au jeune garçon. Puis il plonge les doigts dans l'eau, touche chaque partie de la peinture et en ramasse de la poudre qu'il frotte sur les épaules, le dos, l'abdomen, les membres et le front de Crystal Boy, afin de mettre le garçon en harmonie avec la signification de la peinture et de lui transférer les pouvoirs.

A moitié hypnotisé, Crystal Boy écoute le chant et le suit par la pensée. Mais il ne se concentre pas pleinement, car il est jeune et sait que son épreuve va bientôt prendre fin.
Ce soir, l'ultime peinture de sable sera balayée et ensevellie dans quatre endroits différents pour lui permettre d'échapper aux influences mauvaises; et demain , neuvième jour, beaucoup d'amis viendront à cheval pour dresser leur campement, faire le feu, préparer de somptueux repas et s'adonner à une nuit de danses, de fêtes et de chants sacrés. Alors le garçon sera certainement guéri.

D'un air las, il bouge les lèvres pour imiter le chanteur.
L'esprit du chant et des peintures de sable pénètre son esprit.
La confiance s'éveille en lui.
La douleur s'éloigne, la fièvre diminue, déjà il se sent mieux.
Les mots et le rtyhme du chant imprègnent son corps et son àme :

Dans la joie, je recouvre la santé.
Dans la joie, mon être se rafrâichit,
Dans la joie, mes yeux retrouvent leur pouvoir,
Dans la joie, ma tête se rafraîchit,
Dans la joie, mes jambes retrouvent leur pouvoir,
Dans la joie, j'entends à nouveau !
Dans la joie, je me trouve, car le sort s'en est allé !
Dans la joie, puissé-je marcher,
Dans la beauté, je marche !


Voir le site officiel des Navajos

Tony Hillerman, grand romancier américain de polars  né en 1925 en Oklahoma qui nous plongent dans l'étonnante culture navajo, voir aussi ce document de wikipedia.

Coups de coeur pour ce beau site ou vous pourrez voir et admirer une cérémonie Navajo illustrée par de nombreuses  photos en couleurs qui résument en quelques sortes mon article.

Rituel d'une guérison navajo par la peinture de sable

Voici justement une de ses photos que vous pourrez voir sur son site. L'homme-médecine doit être le vieil homme portant une chemise à carreau assis tout au fond. Il surveille la cérémonie.
L'homme malade est assis sur le dessin, ses pieds touchent le centre du cercle.
Le chanteur lui met de la poudre de sable sur la tête qu'il a prit sur la peinture de sable à des endroits bien précis (chaque symbole a une signification propre)
afin de mettre l'homme en harmonie avec la signification de la peinture et de lui transférer les pouvoirs.
Les autres personnes autours du cercle ont aidé l'homme-médecine à exécuter les différentes peintures.

Voir aussi mon article : "Quand l'art  est un remède : les  peintures  de  sable  Navajos


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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 10:46
Les  serpents  broyeurs :

Analyse d'une peinture de sable Navajos rarement exécuté : les serpents broyeurs


Voici une des peintures Navajos les plus rarement exécutées.

Un puissant pouvoir magique se dégage de ses serpents broyeurs, une des peintures rarement réalisées. Elle n'est dessinée que pour un jeune homme ou une jeune femme d'une famille aisée et fait partie d'un rituel de neuf jours appelé la voie du Tir Mâle.

Sa complexité fait que le chanteur qui l'a composé - dans le but d'apaiser le tonnerre et les éclairs, reçoit une forte récompense pour ses services.

Explication de la peinture de sable
 

Le carré noir au centre représente un metate (pierre à moudre plate), le rectangle bleu entouré de jaune, la mano.
Les douze serpents disposés sur chaque coté du carré symbolisent les douze frères qui étaient dotés de pouvoir de chasse magiques.
On voit à chaque angle une tige de maïs surmontée d'un oiseau. Le maïs représente l'abondance de la récolte, les oiseaux, les esprits qui bénissent la nourriture. Le Peuple du Serpent-Flèche se tient tout autour du carré et porte du maïs et des paniers. Les petits serpents jouent le rôle de gardiens.

Il y a fort longtemps les femmes indiennes broyaient les grains de maîs sur des pierres plates appelées métates (metlatl en aztèque) avec une mano de pierre.

Voyons quelques photos intéressantes :

l'usage répandu de ses deux outils primitifs: mano et metate

Ce pilon (mano) et cette pierre à broyer (metate) primitifs servaient à écraser les graines. Ces deux outils étaient très important à cette époque (6000 av. J.C.  Et cela témoigne également de l'alimentation végétarienne des populations.


 Figurine de Jaina décrivant une femme du peuple à sa tâche quotidienne

On voit là, une nouvelle fois l'importance de ses outils. Cette figurine montre une femme utilisant une mano et une metate, elle broie du maïs pour faire des tortillas. Elle travaille avec son bébé sur le dos. Un enfant plus âgé la regarde. Cette figurine de Jaina qui montre une femme du peuple à sa tâche quotidienne est assez inhabituelle. En effet la plupart de ces statuettes, en particulier celles d'argiles compacte modelées à la main comme celle-ci, ne représentent que la vie d'hommes et de femmes de rang élevé, guerriers, prêtres, nobles dames et chefs.

Remontons un peu plus dans le temps

Objets domestiques des Anasazis, les premiers indiens du sud-ouest Américain, au nord de Pueblo Bonito

Cette photo se situe au nord de Pueblo Bonito (Nouveau-Mexique). Nous pouvons voir devant le mur d'une Kiva de Salmon Ruin, quelques objets domestiques utilisés par les Anasazis. Sur la mano et la métate (à droite) des épis de maïs, datant de 600 à 800 ans; les poteries leur sont contemporaines.

Juste pour préciser, à son apogée, Pueblo Bonito était un endroit vivant et animé.
Les Anasazis : dans la langue navajo, le mot Anasazi signifie "les anciens" et évoque un peuple disparu depuis longtemps, mais qui à laissé une trace précise dans la légende et le mythe, appuyée par les vestiges d'une culture raffinée.

Les Anasasis créèrent la troisième et la mieux connue des grandes civilisations anciennes du Sud-Ouest. Le coeur de leur pays était les Four Corners (les quatres coins), région où se rencontrent le Colorado, l'Utah, l'Arizona et le nouveau-Mexique d'aujourd'hui. C'était important je pense de le souligner car c'est une terre de merveilles naturelles et de sites préhistoriques très spectaculaires et par conséquent un paradis pour les archéologues, car l'air sec de la montagne y préservera non seulement les restes humains, mais aussi les textiles, les fourrures, et même les plumes !!!!!


la majeure partie du maïs est séchée et pulvérisée selon une méthode ancestrale comme le témoigne cette Jeune fille hopi sur cette photo.


Une jeune fille Hopi se sert d'une "mano" pour écraser les grains sur une pierre à broyer plate, ou "metate". Chaque femme possède plusieurs de ces pierres, qui correspondent chacune à une finesse différente de farine.



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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 22:24
Quand l'art  est un remède  :  les  peintures  de  sable  Navajos


Contrairement aux chamans de la plupart des tribus indiennes qui traitaient les symptômes des maladies à l'aide de préparations à base de plantes, les Navajos préfèraient se consacrer à ce qui était, selon eux, la cause de la maladie.

Les Chamans organisaient des cérémonies très complexes pour exorciser la cause de la maladie. L'une des plus courantes était la confection de peintures de sable, dessins composés à l'aide de minéraux ou de végétaux finement broyés répandus sur un lit de sable.
Quinze hommes pouvaient travailler pendant une journée sur une seule peinture. Il existait des centaines de peintures différentes qui permettaient de guérir selon la nature et l'origine du maléfice.

Si par exemple, un Navajo attribuait ses maux  au contact avec une personne étrangère à la tribu, on confectionnait la peinture dite de la  "voie ennemie".

Quand quelqu'un tombe malade comme par exemple le bébé de la photographie ci-dessous, un Chaman spécial appelé le chanteur se rend dans le hogan familial en compagnie de ses aides.

Ce bébé est malade, un chaman va le soigné.

Ils arrivent (les aides du Chaman) avec des couvertures pleines de sable pur, qu'ils étalent soigneusement sur le sol pour donner un fond uniforme aux peintures.

Après avoir lissé le sable, le Chaman et ses assistants commencent à dessiner les motifs à l'aide de poudres blanches, rouges, jaunes, noires et bleues, faites de grès, de charbon de bois, de gypse ou d'ocre broyé.

Le Chaman et ses aides prennent un peu de poudre de la couleur désirée dans leurs mains et la font couler entre le pouce et l'index, répétant l'opération jusqu'à l'achèvement du dessin.


 
Le chaman et un assistant font couler le sable entre le pouce et l'index, jusqu' a la fin de la peinture de sable...


On constate la précision et la grande concentration du Chaman réalisant sa peinture de sable qui je précise ici est un remède destiné à soigné ce pauvre bébé.

Je précise que ses photos sont très anciennes, mais elles illustrent tout de même bien, comment les Navajos pratiquaient l'art du sable en tant que remède...

La peinture ci-dessous représente un personnage connu sous le nom de Tueur des Dieux Ennemis : Cette divinité guerrière bienveillante a pour arme l'éclair, qu'elle tient à la main et sur lequel elle est montée.

 
Cette peinture de sable repésente le tueur des Dieux Ennemis, on peut observer ses armes qui sont les éclairs qui jaillissent de sa main


Quand le Chaman et ses assistants ont terminé le dessin, la mère et l'enfant malade (voir l'exemple de la première photo), viennent se placer dessus pour que pénètre en eux le pouvoir curatif propre à l'oeuvre.


Le Chaman secoue un grelot, prie et chante; pour finir, dans un geste rituel, il appose ses mains sur la mère et l'enfant afin de guérir ce dernier.


Lorsque la cérémonie est terminée, la peinture doit être immédiatemment détruite. Cependant, chaque personne présente dans le hogan peut rammasser un peu de poudre colorée désormais dotée de pouvoirs curatifs.

Celui qui souffre d'une migraine par exemple pourra en placer sur sa tête. On peut aussi en conserver dans de petits sacs afin de l'utiliser au cours d'autres cérémonies curatives.

Ce qui reste du dessin est alors rassemblé dans des couvertures et secoué au-dehors, au nord du Hogan, précision importante...


Je vous invite à voir ce document  : Peintures de sable traditionnelles des Navajos (extrait d'une maîtrise d'arts plastiques, Sorbonne, 1999)
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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 12:26
Le chamanisme

Que signifie "chamanisme"


Tout le monde s'accorde sur ce point : "chamane" viendrait de çaman, mot de la langue des Toungouses (appelés aussi Evenk), ethnie du groupe linguistique mongol disséminée en Sibérie orientale, jusqu'en Chine. Dérivant de ça, "connaître" ; ça-man signifierait donc "celui qui sait", mais cette étymologie est très contestée, c'est pourquoi je ne retiendrai que celle là.

La forme "shamane" apparaît dans le complément du Dictionnaire de l'académie française de 1842. Cette écriture influencée par l'anglais, est, avec "chaman", celle qui est donnée dans la plupart des dictionnaires actuels.

D'ailleurs, le mot "chamane" tend aujourd'hui à se subtituer à ce que le language populaire appelait auparavant sorcier (hechicero ou bujo), guérisseur (curandero), magicien ou devin. C'est à dire toute personne censée faire appel à des dons magiques.
En Amérique du Nord, on parlait auparavant de Medecine-Man, rarement de Chamane.

Donc pour conclure, le chamane est souvent qualifié d'un terme qui veut dire "celui qui voit" ou, à la fois, "celui qui sait" et "celui qui peut". Et il s'agit d'un savoir et d'un pouvoir différents de ceux des gens ordinaires, car ils concernent la face secrète du monde.

Pourquoi je vous parle des Chamanes ?

J'ai toujours été fasciné par le monde étrange des chamanes, mais le but de mon billet est juste de vous parler de "l'art pictural chamane".


La fonction chamanique implique une large culture, de grandes qualités d'expression et une bonne connaissance du contexte. Pour moi, le chamanisme est un art oral, un art théâtrale.
Les qualités personnelles y sont essentielles. Chaque chamane est reconnaissable à son style. C'est pourquoi je considère un chamane comme un artiste.

Fâce à une situation nouvelle, il imagine, il crée. Son public ou ses patients l'exigent ou l'attendent de lui.
En outre, le chamane est un praticien de la nuit. Car l'invisible se manifeste surtout la nuit, ou au crépuscule. C'est alors que les esprits et les spectres rôdent et tuent. C'est la nuit, dans les rêves, que le monde-autre se révèle et envoie des messages aux hommes. C'est la nuit que les humains s'angoissent et s'effraient... Et bien sûr, j'ajoute à tout ça comme je l'ai d'ailleurs souligné, la théâtralité ou peut être et surtout la gravité des séances.


Revenons au but de cet article

L'art du chamane est parfois un art pictural. Les "peintures de sable" des Navaho (ou plus courant Navajos), du sud-ouest des Etats-Unis, en sont un célèbre exemple.

Le chamane trace sur le sol des figures symboliques représentant des êtres du monde-autres... Le patient s'allonge sur elles - Part une sorte de transfert, cet acte contribue à la guérison - Maints tambours chamaniques sont ornés de motifs permanents ou, au contraire, peints lors de la séance, indiquant alors la nature du problème traité ou l'identité des esprits.

 
 
Fin de la première partie. La deuxième partie traitera des peintures de sable Navajos qui vous verrez est un art mais surtout un remède.
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